Coralie Degradot - Sophrologue

Les 3 Types de Compulsions Alimentaires (qu'on a déjà tous expérimenté)

Si vous êtes un Etre Humain normalement constitué, il y a de fortes chances que vous ayez déjà expérimenté des compulsions alimentaires.

 

Peut-être que c’était une envie intenable de sucre, de chocolat (moi c’est plutôt ça !!), de crêpes, de pizza… Peut-être que vous avez déjà craqué le soir pour un aliment gras et croquant… ou bien crémeux et glacé.
Il est intéressant de voir combien de personnes s’interrogent à propos de ce qu’ils nomment leurs « dérapages » alimentaires.

 

Si on y réfléchit, on dirait que nos compulsions/envies intenables se trouvent à un carrefour. Un carrefour à la rencontre de notre fonctionnement biologique, de nos envies et d’une part déraisonnée qui nous échappe complètement.

Le mieux est d’y aller tranquillement sur ce sujet et ne pas trop se prendre la tête. Ni s’étouffer dans des étiquettes blessantes, humiliantes pour soi parce qu’on n’arrive pas à faire autrement qu’à manger un paquet de chips en rentrant d’une journée épuisante au boulot.

 

Tout simplement parce que ces compulsions, ces envies intenables auxquelles on sent bien au plus profond de nous-même qu’il serait très très difficile de ne pas y répondre, ont beaucoup de choses à nous apprendre sur nous-même.

Sur la façon dont nous nourrissons notre Etre… avant de nourrir notre corps.

 

Je le dis souvent : les relations douloureuses à l’alimentation ne sont pas un problème d’alimentation.

 

C’est l’expression d’une souffrance, d’une tension, de quelque chose de beaucoup plus profond qui s’exprime à travers la nourriture.

L’alimentation n’est rien de plus qu’un levier. Un support d’expression.

Je ne cesserai pas de le répéter ;)

 

Alors revenons aux compulsions…

 

 

Comme je le disais plus haut, elles nous donnent des indications essentielles sur ce qui se joue au plus profond de nous-même.

 

 

1 – La compulsion « palliative »

 

Elle se présente à nous quand notre corps nous demande de consommer certains types de nourriture parce qu’il en a besoin pour se nourrir en profondeur. Donc quand nous avons par exemple des carences, ou pour se remettre quand nous avons un virus qui traine (on a rarement une insatiable envie de chocolat quand on a une gastro de l’enfer non ?).

 

Ce comportement est tout à fait naturel.

 

D’ailleurs avez-vous déjà remarqué que les animaux, le font parfaitement ?

Par exemple : les chats savent très bien quand il est temps de se purger. Ils vont chercher la plante, l’herbe, qui leur est nécessaire. Et parfois ils ruinent nos orchidées en les mâchouillant :p

Personne ne dit au chat de manger l’herbe à chat (ou autre s’il peut sortir !) parce que ça va l’aider à se libérer des boules de poiles dans son estomac en lui permettant de vomir. Il s’en fout comme de sa première souris du pourquoi.

Il n’a pas besoin de comprendre et d’avoir une explication rationnelle du pourquoi du comment pour se mettre à la manger et à vomir pour se libérer.

 

Et bien je pense qu’il y a la même chose chez les humains. Notre corps sait nous demander ce dont il a besoin. Même si parfois ça nous surprend ! Notre corps (à partir de ce que nous avons déjà consommé, qui va donc être son référentiel) va nous demander de lui apporter certains type d’aliments pour répondre à son besoin. Ce même aliment ne sera pas forcément celui que le corps d’une autre personne demanderait ;)

 

Notre corps sait ce qui est bon pour nous.

 

Ça fait plusieurs années que je ne résiste plus aux demandes de mon corps. Et que je respecte, que lorsque j’ai mal à l’estomac, j’ai besoin de manger une grosse quantité de… cornichons.

Quand on sait s’observer et se sentir de l’intérieur, on sent clairement la différence entre ce que le corps demande et ce que la tête croit que le corps devrait manger ;)

 

 

2 – La compulsion « dispersive »

 

C’est une compulsion pour un aliment qui n’est pas sain pour nous dans le sens où il va faire baisser notre énergie et ne pas nous apporter de bénéfice pour la santé.

 

Quand on expérimente ce type de compulsion, au lieu de se sentir mieux, on se sent lourd, ralenti, en grande perte d’énergie, et parfois aussi coupable.

Ce type d’effets se retrouve typiquement dans les consommations d’alcool, de sucre, de junkfood…

 

Mais pourquoi notre corps qui sait si bien ce qui est bon pour nous, nous envoie-t-il des demandes de consommer des aliments qui ne sont pas bons pour lui ?

Et bien la réponse se trouve dans nos aspirations. Vivre est en soi notre plus grande aspiration.

Nous aspirons également à trouver du sens, de la profondeur.

Nous aspirons à l’amour, à satisfaire nos désirs.

Chaque action humaine, peu importe qu’elle soit de petite ou grande envergure, est inspirée par une aspiration plus grande : plus de vivant, plus de profondeur dans l’expérience.

 

Toutefois ces aspirations peuvent se trouver distordues par toutes les difficultés et obstacle que la vie nous propose.

 

Par exemple, l’aspiration naturelle de se sentir fort (dans le sens de se sentir conscient de notre force intérieure), peut devenir un besoin de prendre le contrôle sur les autres. Pour se sentir incarner cette aspiration.

Le besoin d’amour peut devenir d’infinies tentatives pour être approuvé de tout le monde.

Ou le besoin de se réaliser devenir une obsession d’accumuler prestige, argent, produits luxueux.

 

Notre corps aussi à des besoins qu’il aspire à remplir. Il a besoin d’eau, de nourriture, de toucher, de sons agréables et doux, de sensualité (vivre ses 5 sens). Il aspire à se sentir vivant à travers des aliments doux, savoureux, ou autres, qui lui permettent d’exciter ses sens et de lui apporter une expérience dans laquelle il se sent plus vivant.

 

Le corps a besoin de plus se sentir lui même.

 

De la même façon que les besoins psychologiques, les besoins physiques peuvent également se distordre.

Une compulsion dispersive est un besoin distordu de notre corps.

Le corps est dupé par la croyance qu’une consommation excessive d’aliments qui ne nous sont pas bénéfiques puisse finalement nous faire du bien.

Je vais vous faire une confidence : ce type de comportement m’arrive souvent. Mon corps est régulièrement épuisé pour diverses raisons. Mais quelle qu’en soit la raison, quand je me sens décalquée, mon corps va me réclamer un aliment très efficace à très court terme et très néfaste en grande quantité à moyen et long terme : le café !

Je sais que je devrais arrêter d’en boire pour protéger mon corps (mon estomac dans un premier temps puis l’acidité globale de mon corps). Je sais que je devrais consommer des tisanes parce que je n’ai pas le droit de boire de thé.

Mais j’ai bon le savoir, mon corps me réclame du café. Et dans les quelques minutes qui suivent je me sens mieux.

Alors je ne m’interdis pas d’en boire quand mon corps m’en réclame. Je limite à une ou deux tasses par jour. Je réponds à ce besoin biologique d’un excitant rapide et efficace tout en ne me laissant pas happer par lui (sinon ça serait quasiment en perfusion !)

 

Si vous y réfléchissez, je suis sûre que ça vous arrive aussi avec certains aliments.

 

De la même façon dans notre vie nous avons besoin de vivre des expériences. Parce qu’elles nous semblent nécessaires.

Nous pouvons nous engager dans une amitié, une relation, un emploi, ou autre façon d’avoir de l’argent qui nous semble très très juste dans l’instant. Et puis après… en être presque à le regretter.

Notre corps est lui aussi complètement ébloui face à des substances ou expériences qui nous promettent de répondre à nos besoins, de nous remplir, nous soulager. Comme c’est par exemple le cas de l’alcool, du sucre ou autres substances rapides et efficaces.

 

Ce qu’il faut retenir de ces compulsions c’est que tout comme notre cœur peut être amené à chercher l’amour auprès de personnes qui ne sont pas faites pour nous, notre corps peut aller chercher son bien-être auprès de substances qui ne sont pas bonnes pour nous.

 

Les deux se font séduire. Il n’y a pas de quoi avoir honte.

 

 

3 – La compulsion « associative »

 

Une compulsion « associative » est une espèce de mélange des deux. Elle se produit lorsque nous avons besoin d’un aliment qui a un lien riche, profond et puissant avec notre passé. Comme la madeleine de Proust.

 

Par exemple, certaines personnes ont une envie folle de manger des aliments qu’elles mangeaient quand elles étaient petites lorsqu’elles vont rendre visite à leurs parents ou grands-parents.

 

Quand mon arrière grand-mère est décédée il y a une dizaine d’année, j’ai eu, pendant un temps, besoin de manger une poêlée de champignons. Avec de l’ail, et du persil. Le tout cuit au beurre.

Alors que je déteste la cuisine au beurre qui a le don de me rendre malade.

D’une façon symbolique, manger cette poêlée de champignons c’était être en lien avec elle. C’était faire revivre ces instants partagés durant lesquels je la regardais la préparer avec les champignons que nous avions cueillis ensemble dans les bois Franc-Comtois.

Le temps du deuil a permis que cette envie disparaisse.

 

Ces compulsions là sont les plus difficiles à « évaluer » parce qu’il n’est finalement pas si clair de savoir si c’est un comportement « bénéfique » ou non.

C’est plutôt une façon de nous nourrir autrement.

Dans ces moments là nous ne nourrissons pas notre corps. Mais notre cœur.

 

Ce qu’il faut retenir de cette compulsion c’est que notre biologie couplée à la nostalgie peut donner des envies surprenantes, et d’une certaine façon, touchantes. Cette compulsion-là relève de la mémoire du corps.

 

Je suis convaincue que dans chacun de nos attachements, de nos réactions fortes, se trouve une porte pour entrer plus en profondeur en nous-même.

Dans ces profondeurs, nous pouvons nous sentir mal à l’aise. Elles peuvent nous amener à vivre des sensations désagréables, amener un torrent de larmes qui nous semble impossible à tarir, faire remonter une profonde colère.

 

Mais au delà de ce qui est inconfortable, se trouve un espace important à trouver en Soi : la paix intérieure.

C’est un espace que nous avons tous à l’intérieur de nous. Parfois, nous avons juste perdu la carte qui nous y mène ;)

La majorité d’entre nous ne va pas découvrir cet espace intérieur d’une traite, sans problème (tu as vu Kung Fu Panda ? Maitre Shifu galère aussi à la connecter cette paix intérieure par moment !)

Pour la majorité, nous avons besoin de suive un chemin sinueux et inattendu entre nos désirs et nos attentes. Bien qu’inconfortable, c’est souvent le chemin le plus nourrissant et celui qui, en plus, nous permet de grandir.

 

 

 

 

 

Vous avez une question à ce sujet et/ou souhaitez être accompagné(e) sur votre rapport à l'alimentation? Contactez-moi à cette adresse : coralie@sophro-tca.com 

 
×