Coralie Degradot - Sophrologue

Ma plus grosse peur s'est apaisée

Cette semaine je suis allée chez le dentiste.

Super pour toi Coralie ! lol

Et bien oui c’est super. Et pas pour une petite raison en plus !

C’est super parce que le dentiste c’est une de mes grosses phobies.

Enfin, je peux à présent dire « était » une de mes plus grosses phobies.

Il y a 19 ans, j’étais une jeune lycéenne qui a eu besoin de se faire ôter les dents de sagesse. Vue que je suis naturellement très sage, pas besoin de dents de sagesse (mais si c’est crédible ce que je dis là lol).

Par contre… pas de chance : je suis tombée chez un monsieur qui s’est trompé de plaque professionnelle. Il y avait écrit « chirurgien dentiste » mais à la place il aurait pu mettre « boucher ».

Ce sont des longues heures de calvaire que je ne te décrirais pas ici que j’ai passées dans ce cabinet. Plus d’un mois à m’en remettre physiquement… et pendant des années régulièrement, j’entendais dans mes rêves le bruit de la mâchoire qu’il m’a brisée.

Tu l’imagines, l’idée d’aller chez le dentiste après ça ne m’emballait pas des masses. J’étais terrorisée. Une semaine avant j’avais mal au ventre, des nausées, des nœuds d’estomac et incapable de manger.

J’ai beaucoup déménagé donc à chaque fois… nouveau dentiste ! yeah rock n’ roll !!

Parce que même si j’avais peur, j’y allais tous les ans. Encore plus flippant que d’aller faire une visite de contrôle : ne pas y aller, avoir des soins à faire et revivre un pareil calvaire.

A chaque fois que j’arrivais chez un nouveau dentiste je lui racontais mon expérience avec ce monsieur. Je te laisse imaginer la scène : tu es dentiste et tu reçois une jeune femme pâle comme un linge, qui commence à te raconter une scène d’horreur en ayant de moins en moins de voix, qui n’ose même pas te regarder, et qui finit par pleurer, trembler et faire une crise d’angoisse une fois installée sur le fauteuil de soin.

Franchement ça a été un moyen de sélectionner mes dentistes ;) Certains ont, pour une raison que j’ignore, très mal vécu ce partage et m’ont fait super mal derrière.

Et une a été fantastique : elle a pris le temps de m’écouter. Elle s’est sincèrement mise en empathie avec moi. Elle m’a expliqué tout ce qu’il avait fait. Comment il aurait du mieux faire. Elle a reconnu mon trauma, elle a reconnu la violence, elle m’a montré sur une radio que ma mâchoire allait mieux, elle a reconnu les séquelles que j’ai et m’a expliqué de façon très pragmatique pourquoi je les ai. Et derrière, elle a pris le temps de me laisser me poser sur le fauteuil doucement. 

Cette dame je ne la remercierai jamais assez.

Tu le sais peut-être mais ça fait un an que je suis dans le Gers… donc nouveau dentiste lol Je stressais et je me suis décidée à prendre un rendez-vous.

J’avais donc rendez-vous ce jeudi. Pour une fois je n’étais pas malade une semaine avant. J’avais la tête trop occupée ;)

Et puis mercredi, paf : les images de ce cabinet me revenaient avec les odeurs, les sons (les deux sens les plus sensibles chez moi). J’ai pris le temps : je me suis mise en empathie avec moi-même. J’ai pour la première fois accueillie cette Coralie traumatisée, en pleurs, qui a passé des heures à hurler (au point de faire fuir les gens qui venaient prendre rendez-vous lol) et qui ne pouvait plus parler en sortant de « l’opération ».

Je l’ai rassurée, je l’ai consolée.

Et je me suis dit « ok, bon maintenant tu fais quoi ? tu revis tous les ans le même trauma ou tu le laisses derrière ? As-tu toujours besoin d’être reconnue comme ayant été violentée ? As-tu besoin de cette partie de toi souffrante, flippée ? Est-ce que tu peux être une autre personne pour ce nouveau dentiste ? »

Et bien oui je le peux. Je le peux parce que je n’ai plus 15 ans. Que c’était une expérience vécue il y a 19 ans. Que le prochain dentiste qui essaye de m’attacher à son fauteuil je le défoncerai directe. Parce que je suis adulte maintenant. Parce que j’ai reconnu et accueilli cette partie de moi qui était traumatisée.

Et en même temps, se posait la question : qui suis-je quand je ne suis pas Coralie-traumatisée-par-un-boucher-digne-d’un-film-d’horreur ?

Pendant 19 ans je me suis construite avec ce trauma  (« oui mais tu comprends mon expérience ceci cela alors patati patata »). Que reste-t-il quand cette partie de moi est apaisée ?

Je te le donne en mille ;) Il reste Moi ! Il reste toutes ces parties de moi qui n’ont pas vécues le trauma et qui s’en foutent ;)

Parce que j’ai donné la parole à cette unique partie de moi qui avait super peur du dentiste, parce que je l’ai accueillie en moi-même, j’ai pu choisir une nouvelle stratégie.

Un truc de ouf malade : je suis allée chez cette dentiste avec le sourire, je me suis assise d’un air décidé sur le fauteuil, focalisé sur ma respiration quand le fauteuil descendait pour m’allonger et pendant le soin j’ai fermé les yeux et respiré. En étant juste là ici et maintenant, j’ai eu moins mal (bon les ultrasons sur des dents hypersensibles c’est désagréable par endroit mais rien à voir avec ce que je vivais avant).

Parce que le filtre de la jeune ado que j’étais ne s’est pas posé sur mes yeux, j’ai juste vécu une expérience de 20 minutes avec une jeune femme douce au chaud accent espagnol qui chantonnait en travaillant.

Je suis sortie avec une légèreté incroyable.

C.G Jung nous le dit « je ne suis pas ce qui m’est arrivé ».

C’est pareil pour toi. Tu n’es pas que cette partie de toi qui a des difficultés avec l’alimentation pour X ou Y raisons. Tu es tellement plus !

Tu mérites de ne plus porter cette couche de plomb. Celle qui fait que tu t’auto-sabotes quand tu essayes « de te reprendre en main », celle qui fait que tu n’arrives plus à avaler quoi que ce soit, celle qui fait que tu manges sans ressentir, l’estomac noué… celle qui fait que le seul moyen de l’apaiser est de consommer des produits sucrés…

C’est un grand travail qui peut prendre du temps car parfois l’identification à un traumatisme, à un état, est tel qu’il semble être un élément pilier de la construction de l’Etre. Or, ce n’est pas le cas. Les piliers de l’Etre ne sont pas dans les traumas ni dans les conditionnements. Les piliers de l’Etre sont bien plus subtils.

C’est en permettant à cette partie brisée, souffrante, de s’exprimer (donc de « prendre le contrôle »  un instant), de ressentir pleinement tout ce qu’elle porte en terme d’émotions, qu’il est possible de s’en détacher.

C’est aussi un processus de deuil : le deuil de celle/celui que je croyais être pour n’être « plus que moi ».

Un chemin qui permet de grandir, de remercier l’expérience, de continuer sa route sans cette couche souffrante qui arrive comme un pop-up sur certains sites internet alors que tu n’as rien demandé.

Cette étape elle se trouve dans mes accompagnements individuels. On ne se libère pas d’une difficulté alimentaire juste en changeant son alimentation. Juste en « se contrôlant », juste en faisant du sport, juste en comptant les calories.

 

Tu peux te libérer de ta/tes difficulté(s) alimentaire(s) en faisant ce travail d’écoute et reconnaissance de tes parts souffrantes.

 

Si tu souhaites que nous prenions le temps de faire un bilan ensemble sur tes difficultés alimentaires, je te propose de prendre un rendez-vous de 30 minutes par Skype. Il est gratuit et sans aucun engagement. Pour ce faire envoies moi simplement un mail et nous verrons ensemble comment nous organiser.

 

A très vite pour un prochain article ou une prochaine vidéo :D

 

 

 

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