Coralie Degradot - Sophrologue

Repérer les signes

                                               

Les Troubles du Comportement Alimentaire, touchent de plus en plus de profils. Longtemps réduits à l'adolescence et à un public essentiellement féminin, de nombreuses études ont démontrées que les troubles du comportement alimentaires touchent aussi bien les enfants, les adolescents, les adultes que les personnes agées. Hommes comme Femmes.

Il est difficile d'être témoin de la descente d'un de ses proches dans les troubles alimentaires. Pris de doutes sur la capacité à bien cerner le problème, les difficultés possibles à voir la réalité, la peur de se tromper...

Il y a pourtant des signes auxquels être vigilants, dont voici une liste non exhaustive :

  • Changer brutalement la façon de s'alimenter (sélection d'aliments, refus de tous les aliments gras…).
  • Se mettre au régime sans surpoids.
  • Éviter de manger avec les autres.
  • Manger différemment des autres lors des repas pris en commun.
  • Se focaliser sur la valeur calorique des aliments
  • Investir la cuisine : préparer les repas pour la famille mais ne pas y toucher soi-même.
  • Ingurgiter de grosses quantités de nourriture à l'abris des regards.
  • Vouloir contrôler ce que mange le reste de la famille.
  • Être hyperactif physiquement et/ou intellectuellement.
  • Boire du liquide en quantité excessive
  • Se peser quotidiennement voire plusieurs fois par jour
  • Alterner des périodes de jeûne et des périodes d'alimentation excessive.
  • Aller systématiquement aux toilettes après les repas
  • Manger en quantité excessive sans pour autant grossir.
  • Être déprimé, angoissé.
  • Se déprécier, avoir une mauvaise image de soi.
  • Développer de façon excessive un sentiment de culpabilité.
  • Développer un trouble obsessionnel compulsif.
  • Avoir des changements d'humeur très fréquents
  • Avoir du mal à se concentrer.
  • S'astreindre de plus en plus à des rituels.
  • S'isoler des autres (amis, famille…).
  • Perdre le sommeil.

En cas de doute, n'hésitez pas à vous rapprocher d'un professionnel de santé qui saura vous guider. Mieux vaut s'inquiéter pour rien que de râter la détresse de votre proche.

Agir envers votre proche

Surveiller sa santé physique :

Il est nécessaire d'être vigilant et de surveiller les signes vitaux et biologiques de votre proche, puisque ce dernier ne se rend pas forcément compte de la gravité de son état. Pour cela, il est recommandé de le faire suivre par un médecin, ou de l'y encourager, afin de procéder, entre autres, à des examens cardiaques et sanguins. Retenez-vous toutefois de réprimander votreproche après ces examens, cela pourrait le disuader d'en refaire ou l'encourager à mentir davantage au sujet de ses résultats.

Pas de coupable !

Il est important de rappeler que les familles ne provoquent pas la maladie, et que leur proche n'a pas choisi d'être atteint d'un TCA, même si cela peut parfois apparaître comme un mode de vie "choisi". 


Quelques conseils :

  • Parlez ouvertement avec votre proche sans tabou et sans l'infantiliser. Parlez-lui franchement de votre inquiétude à son sujet, des risques encourus. Faites-lui part des informations que vous avez pu recueillir sur sa maladie.
  • Dites à votre proche que vous êtes là pour l'aider et qu'il peut et pourra toujours compter sur vous
  • Dites à votre proche que vous ne le jugez pas, que vous comprenez qu'il souffre et que vous prenez son problème très au sérieux.
  • Incitez votre proche à s'exprimer, à extérioriser ce qu'il ressent mais sans le harceler.
  • Encouragez votre proche à se faire soigner.
  • Soutenez votre proche dans sa thérapie pour qu'il n'abandonne pas.
  • Ne laissez pas votre proche imposer sa tyrannie à l'ensemble de la famille.
  • Encouragez votre proche à avoir des projets d'avenir.
  • Évitez les remarques qui seraient logiques vis-à-vis d'une personne qui ne souffrirait pas de troubles du comportement alimentaire du type "Tu ne devrais pas te resservir", "Tu dois manger", "Tu es mieux car tu as pris quelques kilos"...
  • Ne vous servez pas de la nourriture comme moyen de pression.

Agir pour vous

Vous êtes un élément important du processus de guérison de votre proche. Pour bien l'accompagner il est important de prendre soin de vous. C'est en vous respectant, en vous écoutant, en prenant du temps pour vous, pour les autres membres de votre famille qui ont également besoin de votre attention et de votre présence que vous pourrez aider au meilleur de vos capacités votre proche atteint de troubles alimentaires.

Surinvestir le parcours thérapeutique de votre proche au détriment du votre et du reste de votre famille n'est pas la meilleure façon de l'aider. La culpabilité, la peur, l'incompréhension, le désir de protection, peut vous amener à vous oublier.

Prendre du temps pour vous, pour vous exprimer dans cette expérience de vie difficile, est un temps important. Que ce soit auprès d'un psychologue, psychothérapeute, psychiatre, psychanalyste, médecin ou tout autre praticien en relation d'aide, seul, en couple, en famille, dans des groupes de paroles ou en consultation individuelle, tournez-vous vers un professionnel qui saura vous accompagner.

 

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